Site vitrine et back-office autonome pour une casse moto
Trente ans de notoriété locale sans visibilité en ligne : création du site vitrine de Moto Casse Onia, identité visuelle, SEO ciblé sur le rachat de deux-roues à La Réunion et back-office Directus pour une autonomie totale.
- Client
- Moto Casse Onia
- Période
- avr. 2026
- Mon rôle
- Développeur fullstack — identité visuelle, UX, développement, SEO, hébergement et administration du serveur
Le problème
Trente ans de métier et une vraie notoriété sur l'île ne suffisaient plus. Le client voyait arriver des concurrents plus petits, parfois bien moins établis, mais nettement plus visibles en ligne — qui captaient une demande à laquelle lui n'avait tout simplement pas accès. Côté vente, les motos et pièces disponibles n'étaient consultables nulle part. Côté approvisionnement, les particuliers cherchant à qui vendre leur deux-roues hors d'usage ne le trouvaient pas. L'objectif n'a jamais été de vendre en ligne, mais d'exister sur les recherches.
Mon apport
Le client n'avait aucune direction visuelle : je suis parti de l'enseigne et du logo pour construire une identité, puis j'ai structuré tout le squelette du site et les parcours utilisateurs. Le référencement cible les recherches locales du 974 — rachat de deux-roues, rachat de pièces détachées, casse moto sur l'île. Un back-office Directus leur donne la main sur les motos et pièces en vente comme sur les contenus de la page d'accueil. J'héberge et j'administre également le serveur.
Le contexte
Moto Casse Onia récupère, démonte et revend des motos et des pièces détachées d'occasion à La Réunion. L'entreprise existe depuis plus de trente ans et jouit d'une réelle notoriété sur l'île, construite au fil des années.
C'est une activité dont le catalogue n'est jamais deux fois le même : une moto arrive, elle est démontée, les pièces partent une à une. Cette instabilité, qui serait un handicap pour une boutique en ligne classique, est en réalité la donnée centrale du projet.
Je suis arrivé sur ce dossier par le bouche-à-oreille — ce qui, avec le recul, résume assez bien le sujet de la mission.
Le problème à résoudre
Une notoriété qui ne se transfère pas
Le client m'a parlé de visibilité en ligne dès le premier échange. Le constat qu'il posait était précis, et il est plus intéressant que le classique « il nous faut un site » :
Ces dernières années, il a vu arriver de plus en plus de concurrents. Certains modestes, d'autres plus structurés. Mais tous avec un point commun : une visibilité en ligne qui le désavantageait.
C'est un basculement que beaucoup d'entreprises installées vivent sans le nommer. Trente ans de réputation construisent un capital réel, mais ce capital ne se transfère pas automatiquement sur Google. Un concurrent qui existe depuis deux ans et qui apparaît en première page est, du point de vue de la personne qui cherche, plus crédible qu'un acteur historique invisible. La notoriété hors ligne et la visibilité en ligne sont deux actifs distincts, et le second ne s'hérite pas du premier.
Un enjeu double, propre au métier de casse
Il fallait exister dans les deux sens de l'activité :
- côté vente, un acheteur qui cherche un carénage ou un moteur pour un modèle précis veut savoir si la pièce existe dans le stock avant de se déplacer ou d'appeler. Sans catalogue consultable, cette information n'existait qu'à l'atelier ;
- côté approvisionnement, un particulier qui veut se débarrasser d'un scooter accidenté cherche à qui le vendre. S'il ne trouve pas l'entreprise, c'est du stock qui part chez un concurrent — or sans stock entrant, il n'y a rien à revendre.
C'est le point que beaucoup manquent sur ce type de dossier : traiter une casse comme un commerce, alors que la moitié de son enjeu de visibilité est un enjeu d'achat, pas de vente.
Un impératif d'autonomie
Ils voulaient être autonomes. Un site dont chaque mise à jour dépend d'un prestataire ne survit pas à un stock qui bouge tous les jours. Au bout de trois semaines sans mise à jour, un catalogue de pièces d'occasion ne décrit plus la réalité — et un site qui affiche du faux stock fait plus de mal que pas de site du tout.
Ce que j'ai mis en place
Créer une identité qui n'existait pas
Le client n'avait aucune direction visuelle. Pas de charte, pas de référence, aucune idée de ce qu'il voulait. C'est très fréquent en TPE, et c'est une situation où demander au client de choisir ne mène nulle part : il n'a pas les codes pour arbitrer entre des propositions abstraites.
Je suis donc parti des deux seuls éléments existants : l'enseigne et le logo. À partir de là, j'ai produit des prototypes visuels — palettes, formes, compositions — jusqu'à obtenir un résultat qui tenait debout à mes yeux. Je l'ai ensuite présenté : l'idée globale a été validée d'emblée, et nous avons ajusté quelques détails ensemble.
Le sens de cette démarche compte autant que le résultat. Proposer d'abord, faire réagir ensuite. Un client sans culture visuelle sait très bien dire ce qu'il n'aime pas devant quelque chose de concret, alors qu'il est incapable de le formuler dans le vide. L'inverse — lui demander ce qu'il veut avant de rien montrer — produit des allers-retours stériles et un résultat sans direction.
Structurer l'UX et les parcours
J'ai structuré tout le squelette du site : chaque page, l'arborescence complète, et les parcours utilisateurs.
Le point de départ n'a pas été une maquette mais l'analyse de leur activité. En la décomposant, trois pôles distincts se dégageaient :
- les services — rachat, démontage, dépannage ;
- les deux-roues — scooters et motos ;
- les pièces détachées.
L'arborescence du site découle directement de ce découpage. Ce n'est pas un détail de confort : une structure qui reproduit la logique du métier est comprise sans effort par le visiteur, qui sait immédiatement dans quelle branche chercher, et elle est aussi mieux interprétée par les moteurs, qui identifient des ensembles thématiques cohérents plutôt qu'un empilement de pages sans hiérarchie. Les deux bénéfices viennent de la même décision.
L'objectif n'était pas seulement qu'on trouve l'information, mais qu'on reste. J'ai travaillé le confort de navigation et le placement des appels à l'action pour amener le visiteur du « je regarde » au « je contacte ». Sur un site dont la conversion finale est un appel ou un déplacement, chaque étape du parcours doit réduire le nombre de raisons de repartir.
Le référencement, ciblé sur les deux flux
Le travail SEO s'est concentré sur les recherches locales, au niveau du 974, autour de trois intentions :
- le rachat de deux-roues ;
- le rachat de pièces détachées de deux-roues ;
- la recherche d'une casse moto sur l'île.
Ces requêtes ne sont pas les plus volumineuses, et c'est justement l'intérêt. Quelqu'un qui tape « rachat scooter Réunion » n'est pas en train de se documenter : il a un deux-roues dans son garage dont il veut se débarrasser, maintenant, près de chez lui. L'intention est immédiate et locale, la concurrence se réduit à quelques acteurs de l'île, et la conversion se joue en un appel.
Viser large sur « pièces moto » aurait produit du volume sans valeur, en compétition avec des sites nationaux impossibles à dépasser. Le pari a été de tenir les requêtes où l'entreprise dispose d'un avantage structurel : elle est physiquement là, depuis trente ans.
Côté exécution, le socle technique fait une grande partie du travail. Nuxt rend le site en amont côté serveur, ce qui garantit que le contenu est présent dans la page dès sa livraison au moteur, sans dépendre de l'exécution du JavaScript. J'y ai ajouté ce que le SEO exige toujours et qu'on oublie souvent :
- des balises méta rédigées page par page — titres et descriptions écrits pour l'intention de recherche visée, jamais générés en série ;
- un balisage sémantique rigoureux, avec une hiérarchie de titres qui reflète réellement la structure du contenu ;
- des URL canoniques sur l'ensemble des pages, indispensables dès qu'un catalogue génère des variantes d'adresses pour un même contenu ;
- un maillage interne entre les pages de motos et les contenus associés, pour que la navigation circule à l'intérieur de chaque univers.
Ce maillage est ce qui distingue une arborescence pensée d'une simple liste de pages. Il fait remonter la valeur des pages profondes vers les pages de catégorie, et surtout il garde le visiteur en mouvement : quelqu'un qui consulte un modèle précis tombe naturellement sur les autres deux-roues disponibles, ce qui compte autant pour Google que pour le taux de contact.
Le back-office Directus, la vraie clé
C'est la partie qui a le plus changé leur quotidien. Directus leur permet de gérer seuls :
- l'ajout, la modification et la suppression des motos mises en vente ;
- l'ajout, la modification et la suppression des pièces détachées ;
- les contenus de la page d'accueil — photos, textes, descriptions.
Ce dernier point est souvent négligé et il compte autant que le reste. Donner la main sur le catalogue mais figer la page d'accueil revient à recréer une dépendance au premier changement d'offre ou de message.
Le choix de Directus tient entièrement à cet objectif d'autonomie : une interface qu'on prend en main sans formation technique, utilisable depuis un téléphone au milieu de l'atelier — c'est-à-dire au moment et à l'endroit où l'on constate qu'une pièce est démontée et prête à partir.
La modélisation reprend exactement le squelette du site. On y retrouve les contenus éditoriaux — page d'accueil, page contact — puis les deux types métier, deux-roues et pièces détachées, chacun décliné en sous-types pour gérer les catégories.
Ce choix de calquer le back-office sur la structure du site est délibéré, et c'est probablement ce qui explique que l'outil soit réellement utilisé. La plupart des back-offices imposent à leur utilisateur une traduction mentale permanente : les données sont organisées selon une logique de développeur, et le gérant doit deviner quel champ correspond à ce qu'il voit sur son site. Ici, il n'y a rien à traduire. La personne qui veut modifier le bloc de la page d'accueil ouvre « page d'accueil » ; celle qui ajoute un scooter ouvre « deux-roues ». La courbe d'apprentissage disparaît, et avec elle la principale raison pour laquelle les TPE abandonnent leur back-office au bout de deux mois.
L'infrastructure et l'offre de suivi
Le site est hébergé sur un VPS que j'administre moi-même. Directus assume toute la gestion des données, avec PostgreSQL pour le stockage, et les médias sont déposés sur un volume de stockage dédié prévu en amont sur le serveur.
L'offre de suivi souscrite est volontairement légère, calibrée sur les besoins réels d'une TPE :
- s'assurer du bon fonctionnement du site ;
- appliquer les mises à jour critiques uniquement ;
- le renouvellement du nom de domaine et du serveur.
Pas de contrat de maintenance évolutive, pas d'engagement de disponibilité contractuel. Ce serait leur facturer une prestation dont ils n'ont pas l'usage — et c'est exactement le genre de ligne qui fait qu'une TPE finit par résilier tout son accompagnement.
Les résultats
Les chiffres viennent de la Search Console, sur les recherches naturelles.
Le premier mois après le lancement : plus de 2 000 impressions et plus de 100 clics. Pour une entreprise qui n'existait pas en ligne, c'est le passage de zéro à une audience réelle en quatre semaines.
Aujourd'hui : plus de 10 000 impressions et 600 clics, avec une position moyenne de 4.
Ce que ces chiffres disent vraiment
Trois lectures méritent d'être faites, parce qu'un volume brut ne prouve rien tout seul.
La position moyenne de 4 est le chiffre le plus significatif. Être quatrième en moyenne sur ses requêtes cibles signifie apparaître en première page, donc être vu par la quasi-totalité des personnes qui cherchent. C'est le seuil au-delà duquel le trafic devient marginal : la différence entre la position 4 et la position 12 n'est pas une différence de degré, c'est la différence entre exister et ne pas exister.
Le taux de clic est passé d'environ 5 % à 6 %. Un site qui gagne en visibilité voit souvent son taux de clic baisser, parce qu'il commence à apparaître sur des requêtes de moins en moins pertinentes. Ici c'est l'inverse : le taux progresse, ce qui indique que la croissance s'est faite sur des requêtes toujours bien ciblées, et non par dilution.
Les clics ont progressé plus vite que les impressions — environ six fois contre cinq. Autrement dit, le site ne s'est pas contenté d'être vu plus souvent, il s'est aussi mieux positionné. C'est la signature d'un gain de pertinence, pas seulement de couverture.
Ces chiffres sont des données mesurées, relevées dans la Search Console. C'est un choix : sur un projet dont l'objectif est la visibilité, le seul juge crédible est l'outil qui compte les recherches, pas une impression subjective.
Ce que j'en retiens
Ce projet confirme quelque chose que je dis souvent aux dirigeants qui me contactent en pensant avoir besoin d'une boutique en ligne : la vente en ligne n'est pas toujours le besoin. Ici, l'enjeu était d'être trouvé. Un site vitrine correctement référencé y répond mieux qu'un e-commerce qu'il aurait fallu alimenter en flux tendu, avec des paniers, des paiements et des retours à gérer pour des pièces d'occasion vendues à l'unité.
Il rappelle aussi une chose plus dure : une entreprise installée n'est pas protégée par son ancienneté. Trente ans de métier et une notoriété locale solide ne pèsent rien face à un concurrent de deux ans qui occupe la première page. Le capital de réputation existe, mais il ne se dépense que là où les clients le voient — et une part croissante d'entre eux ne regarde plus que Google.
Enfin, la leçon la plus concrète porte sur l'autonomie. Le back-office n'était pas la partie la plus visible du projet, c'est pourtant celle qui décide de sa durée de vie. Un catalogue qui n'est plus à jour ruine la crédibilité du site en quelques semaines, et aucune optimisation SEO ne compense un contenu devenu faux. En leur donnant la main sur tout, on a fait en sorte que le site reste vrai — et c'est ce qui explique que les chiffres continuent de monter quatre mois après la mise en ligne.